Try2Test : Speedrunners

Moi qui pensais que les soldes Steam de cet été seraient entièrement décevantes. A 3 jours de la fin, je n’avais toujours pas trouvé de jeu véritablement marquant, un de ceux qui vous font oublier toutes les autres déceptions vidéoludiques pour vous coller un gros sourire idiot sur le visage. Mais un Discord avec les potes et un achat sur un coup de tête plus tard – « au pire, je me ferai rembourser » –, j’avais enfin trouvé la gemme, la pépite d’or au fond de la rivière boueuse, débarrassée de toute la mélasse qui m’empêchait d’apprécier sa beauté. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, veuillez acclamer Speedrunners.

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Je sais, c’est un peu tard pour en parler, le jeu a déjà eu son petit, minuscule, trop court moment de gloire. Mais maintenant que je l’ai découvert, je voudrais crier au monde mon indignation face à un tel trésor aussi rapidement et tristement recroquevillé dans son coin. En ce qui concerne le principe du jeu, il ne s’agit évidemment pas d’un tycoon de hardcore gamer qui veut devenir le champion des Any% ou des TAS de Zelda, mais tout simplement d’un truc vieux comme le monde : jouer avec ses copains à qui court le plus vite. Enfin, presque. Enfin, pas du tout, il y a beaucoup trop de trucs à ajouter pour expliquer toute l’originalité et la frénésie de Speedrunners.

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Non, je n’ai pas demandé leur avis aux joueurs pour la photo, et alors ?

Imaginez, si vous preniez le concept de Mirror’s Edge, le fun de Mario Kart, et surtout une grosse tonne de Super Smash Bros. pour tout le reste ? Ça a l’air un peu informe dit comme ça, mais une fois bien ordonné, vous vous doutez bien que le résultat sera assez exceptionnel. Justement, Speedrunners arrive à mêler tout ça à la perfection. Prenez une map en 2D à la Worms – oui, ben j’avais pas d’autre idée de comparaison – qu’un architecte déjanté aurait transformé en un grand parcours de vitesse qui boucle sur lui-même avec ses couloirs et ses obstacles, et balancez-y entre deux et quatre joueurs pour qu’ils s’affrontent dans des courses encore plus bordéliques qu’un match de Smash Bros. à 8. Et j’ai bien dit « s’affrontent », car l’objectif n’est pas simplement de boucler des tours de circuit : pour gagner, vous devez non seulement rester en tête de la course, mais aussi prendre assez d’avance sur vos adversaires pour les faire sortir de la caméra, ce qui les fait rapidement et mystérieusement exploser. Un peu comme dans… ? C’est ça, vous avez bien suivi1.

« Speedrunners ne se fait pas prier pour dévoiler toutes ses qualités, et les joueurs un tant soit peu habitués aux jeux de plateformes s’approprieront instantanément ce petit trésor »

Bien sûr, la pyrotechnie n’est pas le seul élément que Speedrunners partage avec Super Smash Bros. : tout comme le jeu de Hal Labs, Speedrunners ne se fait pas prier pour dévoiler toutes ses qualités, et les joueurs un tant soit peu habitués aux jeux de plateformes s’approprieront instantanément ce petit trésor. De fait, rien de très compliqué : tous les personnages ont exactement les mêmes capacités, à savoir courir, sauter ou glisser pour éviter les obstacles. Vous pouvez aussi utiliser un grappin, qui est tellement stylé que je me sens obligé de lui consacrer une phrase entière, pour gagner de la vitesse et vous rediriger en plein saut, mais seulement sur certaines surfaces. Enfin, les nombreuses maps mettent à disposition des joueurs quelques petits avantages supplémentaires pour rester devant : une jauge de boost qui se remplit en passant sur des plateformes spéciales, et des objets à usage unique qui remplissent parfaitement leur rôle de « machines à retournements de situation ».

Avec des contrôles aussi simples et intuitifs, on comprend facilement pourquoi les premières parties sont déjà si palpitantes et déjantées : dès qu’on commence à courir, on a cette sensation de vitesse qui fait tout le sel de Speedrunners. Même un pur débutant trouvera le moyen d’aller vite, d’autant plus la caméra qui suit davantage le premier permet aux derniers joueurs de voir les obstacles plus tôt et donc de les éviter plus facilement. L’organisation des parcours suit la même logique, et propose sans arrêt un grappin, une descente ou un boost pour compenser une petite erreur qui aurait pu être fatale.

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Même s’il s’agit de la version finale, le jeu est encore pas mal bugué par endroits, notamment avec l’utilisation du grappin doré (ici, un requin qui fait toute la course avec un grappin bugué planté dans le dos).

Mais si vous avez la flemme d’accélérer vous-même pour rattraper vos adversaires, vous pouvez très bien les ralentir en leur lançant des missiles téléguidés ou un énorme rocher. J’adore les objets de Speedrunners, parce qu’on sent qu’ils sont au moins autant là pour aider le joueur qui les utilise que pour ajouter à la confusion générale : le missile peut atterrir sur n’importe qui – y compris sur son lanceur –, le rocher comme le rayon de glace menacent absolument tous ceux qui se trouvent sur leur route, et l’onde de choc peut repousser un ennemi comme lui donner de la vitesse si elle est mal utilisée. Mais le must, c’est encore une fois un grappin, qui peut accrocher un autre coureur et le tirer vers soi tout en profitant de sa vitesse, ou comment passer de premier à dernier en une seconde si l’on n’arrive pas à glisser pour l’éviter.

Évidemment, avec les objets, les obstacles et les maps peu ou pas connues, il va sans dire que les débuts sont un peu confus, mais c’est d’autant plus drôle quand tous les joueurs sont dans la même panade. On croit qu’on va gagner, on se marre quand un pote fait l’erreur fatale, on se mange soi-même un mur, on repart, on doit réagir au quart de tour à chaque nouveau tournant et il faut constamment rester attentif. Comme pour les contrôles, on apprend vite à maîtriser les maps – qui sont assez petites – et à optimiser grossièrement son parcours en profitant de toutes les occasions possibles de prendre de la vitesse.

« Speedrunners, c’est l’hybride parfait entre un jeu qui sait se montrer extrêmement fun, et un cirque romain fait pour les affrontements dantesques et acharnés »

C’est là que, comme pour tous les jeux de course, la manière d’appréhender Speedrunners évolue : d’abord on découvre, on s’émerveille, on apprend les bases, et puis on se dit que ce serait quand même bien de gagner de temps en temps. Speedrunners, c’est un peu l’hybride parfait entre un jeu qui sait se montrer extrêmement fun la plupart du temps, et un cirque romain fait pour les affrontements dantesques et acharnés. Avec des contrôles aussi minimalistes, c’est évidemment dans la connaissance des maps que réside la clé de la victoire, et on découvre souvent avec la pratique des parcours insoupçonnés. Cette facette de Speedrunners, c’est celle de la concentration et de la mémoire : il faut retenir sans faute le parcours à exécuter, quel chemin prendre lorsqu’il se sépare en plusieurs branches, et évidemment éviter les objets adverses du mieux possible. En général, c’est aussi une histoire d’endurance : entre deux joueurs de bon niveau, la course peut durer très, TRES longtemps.  Un temps pendant lequel le niveau de tension crève le plafond, et les joueurs répètent du mieux possible leur partition sans pouvoir fléchir un seul instant, jusqu’à ce que l’un trouve l’objet de la victoire ou que l’autre commette une erreur décisive. Ces courses effrénées, où les joueurs courent en permanence sur le fil du rasoir, donnent au jeu une toute autre dimension et le rendent d’autant plus gratifiant. Et si vos amis en ont marre de se faire écraser, il reste toujours les parties classées pour trouver du challenge épique à toute heure.

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Malheureusement, le nombre de joueur présents sur le online est en moyenne assez faible, mais ça n’empêche de trouver une partie.

Mais je ne veux pas que vous pensiez que Speedrunners se transforme inévitablement en un jeu purement compétitif : lancez une partie à 4 avec des potes, et vous verrez que c’est toujours un excellent choix. Chaque manche possède ses réussites imprévues, ses bourdes désastreuses et ses moments de fous rires qui font oublier la belle concentration du début pour la remplacer par l’hilarité générale. Même les bugs sont souvent drôles – sauf en partie classée, où il suffit d’avoir plus de 100 de ping pour gagner à tous les coups. Mais si vous voulez vraiment approcher, toucher du doigt toute la beauté de ce jeu, jetez-vous à corps perdu dans les parties personnalisées : le jeu offre une tonne de possibilités de personnalisation, comme accélérer encore plus les personnages ou jouer en mode miroir, qui en font vraiment l’un des jeux de course les plus jouissifs de ces dernières années. Que rajouter à tout ça ? Eh bien, une durée de vie monstrueuse avec des tonnes de skins à débloquer grâce aux points d’expérience, et surtout les créations de la communauté, avec beaucoup de circuits géniaux et – preuve que ces deux jeux ont énormément en commun – des maps Super Smash Bros. En gros, on n’en a jamais vraiment fini avec Speedrunners, et rien ne pourrait me faire plus plaisir.

1Quoi, vous n’avez pas trouvé ? Faut suivre, mon petit monsieur !


Bref…

Speedrunners, on l’aime, on le chérit, on en parle avec des étoiles plein les yeux et des souvenirs plein la tête. Les courses passent de palpitantes à hilarantes en une demi-seconde, font appel au skill tout en restant très accessibles, et sont chaque fois différentes grâce à tous les paramètres de personnalisation. On regrettera juste ses bugs assez fréquents, tout comme le fait de faire un peu trop vite le tour du contenu officiel, mais la communauté a trouvé la plus belle des parades. Compétiteur acharné ou joueur random qui veut juste se marrer – comme moi -, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas une seconde.

Note : 9/10 (Mention : « Jouez-y. Tout simplement. »)

 

Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas dit, mais si cette critique vous a plu, n’oubliez pas d’aimer et de partager ! Et tant qu’on y est, autant faire de la pub aux copains :

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